Dans un environnement industriel ou électrique, la gestion des risques n’est pas seulement une exigence réglementaire inscrite dans le code du travail : c’est une condition essentielle pour garantir la sécurité des équipes et la continuité d’activité. 
Les interventions d’entreprises prestataires accentuent encore cette complexité en introduisant de nouveaux dangers, souvent méconnus du donneur d’ordre. Le plan de prévention des risques devient alors l’outil central pour anticiper, identifier et maîtriser l’ensemble des situations dangereuses. Plus qu’une formalité, mettre en œuvre un plan de prévention des risques constitue une véritable démarche d’analyse et de pilotage de la sécurité.

Définition du plan de prévention des risques

Le plan de prévention des risques est un document obligatoire lorsque des travaux sont réalisés par une entreprise prestataire sur un site industriel (installation classée ou non) ou sur des réseaux électriques. Il a pour vocation de prévenir les accidents liés à la coactivité, c’est‑à‑dire la présence simultanée de plusieurs entreprises dans une même zone.

La prévention couvre l’ensemble des dangers : risques électriques (arc, contact direct/indirect, consignation), chimiques (émissions, mélanges, atmosphères explosives), mécaniques (équipements en mouvement), mais aussi les risques organisationnels ou liés à l’environnement (chutes de hauteur, manutentions, circulation, bruit, etc.). Le plan synthétise ce qui est identifié, les mesures associées et les responsabilités respectives.

Le plan de prévention des risques peut également être annuel. Dans ce cas, c’est un document structurant qui recense, organise et pilote l’ensemble des actions visant à maîtriser les risques professionnels au sein d’une organisation. Il s’appuie sur le Document Unique d’Évaluation des Risques (DUER) et traduit les priorités de prévention en mesures concrètes : actions techniques, organisationnelles, formations, contrôles et suivis. Mis à jour chaque année, le plan annuel de prévention des risques professionnels permet de planifier les efforts, d’allouer les ressources nécessaires et d’assurer une amélioration continue de la santé et de la sécurité au travail.

Identification et analyse des risques

L’identification et l’analyse des risques comporte plusieurs étapes distinctes

La collecte d’informations, première étape d’un plan de prévention des risques

Dans la mise en œuvre d’un plan de prévention des risques, la première étape, essentielle, repose sur un recueil précis des informations. Elle débute par une visite préalable du site, indispensable pour visualiser les zones à risques : postes électriques, armoires, machines en fonctionnement, zones ATEX (ATmosphère EXplosive), locaux confinés, lieux de travail, installations fluides, travaux dangereux, etc.

Cette inspection commune préalable s’appuie sur les documents existants : plans, schémas électriques, fiches de données de sécurité, procédures internes, rapports d’incidents, analyses des interventions précédentes. Les retours d’expérience jouent un rôle clé pour anticiper les dérives possibles.

L’analyse des risques

Pour structurer l’analyse, plusieurs méthodes sont couramment mobilisées :

L’arbre des causes

L’arbre des causes est une méthode d’analyse de risque qui vise à reconstituer de façon logique et chronologique l’enchaînement des événements susceptibles de conduire à une situation dangereuse. À partir d’une existence de risque, l’analyse remonte progressivement aux causes techniques, organisationnelles et humaines, en mettant en évidence leurs liens et interactions. Cette logique « pré-accident » aide à comprendre la chaîne de risques et les conditions aggravantes.

La matrice de criticité

C’est l’outil le plus utilisé en QSE (Qualité, Sécurité, Environnement). La matrice de criticité est un outil central de l’analyse des risques permettant d’évaluer et de hiérarchiser les dangers en croisant deux dimensions essentielles : la probabilité d’occurrence d’un événement et la gravité de ses conséquences :

  • Probabilité d’occurrence (rare à fréquente)
  • Gravité potentielle (mineure, sérieuse, critique, mortelle)

Le croisement de ces deux paramètres donne un niveau de criticité (faible, modéré, important, inacceptable) qui guide la hiérarchisation.

Très souvent représentée sous forme de grille colorée, elle offre une lecture rapide des niveaux de risque et aide à prioriser les actions de prévention. En positionnant chaque situation dangereuse dans la matrice, l’organisation peut cibler les mesures correctives les plus pertinentes, optimiser l’allocation des ressources et structurer une stratégie de maîtrise des risques cohérente et efficace.

Les grilles d’évaluation QSE

Elles permettent de structurer l’analyse autour de catégories normalisées : risques techniques, environnementaux, humains, organisationnels, électriques, chimiques, ergonomiques… Cette approche garantit une couverture complète et homogène de l’ensemble des dangers.

L’important est d’obtenir une vision exhaustive et objectivée de tous les risques liés à l’intervention, en incluant la coactivité et les interactions machine‑opérateur.

Hiérarchisation et traitement des risques dans un plan de prévention des risques

Une fois analysés, les risques doivent être classés selon leur niveau de gravité, leur fréquence et leur capacité à être maîtrisés. Les risques les plus critiques font l’objet de mesures renforcées.
Le plan de prévention détaille alors les actions de maîtrise, qui peuvent relever de plusieurs niveaux :

Mesures organisationnelles

Les mesures organisationnelles structurent la manière dont les interventions sont encadrées pour garantir la sécurité.  Elles définissent clairement les rôles et responsabilités entre donneur d’ordre, encadrement et entreprises prestataires.

Parmi les principales mesures organisationnelles, on retrouve:

  • La planification des travaux  hors périodes d’activité permet d’éviter les co-activités dangereuses. 
  • Les procédures d’autorisation (permis de feu, consignations, accès aux zones sensibles). 
  • La mise en place d’un chef d’intervention ou d’un chargé de consignation
  • La communication, organisée via des briefings, consignes écrites et réunions de coordination. 
  • La gestion des accès au site et de la circulation assure un contrôle des flux et limite les interactions à risque.
  • Les modalités d’urgence (alerte, évacuation, premiers secours).

Procédures techniques dans un plan de prévention des risques

Les procédures techniques sont déclinées en fonction de l’environnement et des équipements en question :

  • Procédures de consignation/déconsignation électrique
  • Mise hors énergie des machines
  • Neutralisation des fluides ou sources chimiques
  • Ventilation ou contrôle des atmosphères dangereuses

Mesures matérielles

En complément des procédures techniques il est recommandé d’appliquer des mesures de prévention et de sécurité matérielles telles que :

  • Balisage, signalisation, barrières physiques
  • EPI (Equipements de Protection Individuelle) spécifiques : gants isolants, protections anti‑arc ou contre les rayonnements ionisants, masques filtrants, harnais, etc.

La hiérarchisation permet de donner la priorité aux risques majeurs et d’ajuster finement les moyens de prévention.

Formalisation dans le plan de prévention des risques

Le plan de prévention des risques doit refléter clairement les dangers identifiés et les mesures retenues. La rédaction doit être :

  • Structurée : description du travail, analyse par zone, liste des risques, mesures associées.
  • Opérationnelle : les actions doivent être applicables sur le terrain, sans ambiguïté.
  • Traçable : mention des documents de référence, analyses préalables, procédures.

Les deux parties – l’entreprise utilisatrice et l’entreprise prestataire – doivent établir par écrit et signer le document, attestant de leur compréhension et de leur engagement. Les acteurs doivent effectuer cette signature préalablement à l’exécution. Elle engage leur responsabilité et garantit l’application effective des mesures sur site.

Pégase : la solution d’Altsis pour vous aider dans la maîtrise des risques

Une solution numérique comme la solution Pégase proposée par Altsis facilite grandement l’identification, la formalisation et le suivi des risques. Grâce à une centralisation documentaire, tous les intervenants disposent des fiches techniques, plans, procédures et historiques d’incidents directement accessibles.
La plateforme permet :

  • Une rédaction assistée des plans de prévention pertinents
  • Une mise à jour en temps réel des plans de prévention.
  • Le suivi des versions et la traçabilité complète.
  • Un reporting structuré pour les responsables QSE et chefs de site.
  • La préparation et le contrôle des habilitations nécessaires aux interventions électriques.
  • De proposer des exemples de plan de prévention des risques

En digitalisant le plan de prévention grâce à son logiciel spécialisé, la solution Pégase réduit le risque d’erreur. Elle améliore également la coordination entre les acteurs.
Consultez notre modèle de plan de prévention pour plus de détails et d’informations.

Le plan de prévention des risques : un élément central de la sécurité

Le plan de prévention des risques est la pierre angulaire de la sécurité en contexte multi‑entreprises. Sa qualité dépend de méthodes rigoureuses et d’outils permettant une formalisation fiable et partagée.

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